Le jogging devient-il sport favori à Lomé ?

Tous les dimanches Lomé vibrent au rythme du jogging de masse, jeunes, vieux, enfants, chrétiens, musulmans, animistes, riches, pauvres tous oublient leurs différences en l’espace d’une matinée pour se remettre en forme avant la stressante semaine de travail. Cette activité fédératrice est finalement rentrée dans les habitudes des Togolais qui en sont devenu au fil du temps de grands amateurs. Tous les quartiers de la capitale ont leurs groupes sportifs. La rencontre avec l’Association Sportive de Masse du Togo (ASMAT) nous apprend beaucoup de choses sur ce phénomène…

Texte et images/fO-Mê Videha

Ce dimanche décidé d’avoir plus d’éclaircissement sur la course de masse, je mets mon survêt, direction, le point de départ des sportifs de l’ASMAT situé devant le siège du Comité des Sages d’Amoutivé, le quartier où siège l’association . Après un moment d’attente le convoi composé de prêt de quarante cinq personnes, s’est mis en branle, bien encadré par les responsables de l’association : deux éclaireurs déblaient le passage et dévient les voitures sur le côté, les autres créent une ceinture humaine afin que le convoi ne déborde pas. Cette organisation, cette discipline, qui ressemble un peu à la progression des colonnes militaires en course, force l’admiration. Durant tout le trajet, la colonne évolue sur les cadences de son orchestre ambulant composé d’un ensemble de bidons d’huile, de gongon, d’Harmonica, de sifflets ou de vuvu zéla. Chanson populaire ou chanson à la mode accompagnent la musique.
Au fur à mesure on progresse dans lomé, on découvre les quartiers ; Amoutivé, Doulassamé, Nyéko Nakpoè, Kodjoviakopé, Frontière Togo-Ghana , puis la colonne longe la route du corridor jusqu’à Palm Beach. Il faut noter qu’au cours du trajet, certains curieux alertés par la vacance que produit la colonne sortent de leurs maisons, ravi de voir passer ces sportifs de dimanche, le but n’est pas de courir comme Hussein Bolt * mais de faire une course à petit trot permettant à toute personne d’être à l’aise.
Il arrive souvent que les colonnes de différents quartiers s’entrecroisent, dans ce cas c’est une occasion de mettre les différents orchestres en concurrence.
Une fois à la plage, différentes associations cette fois-ci spécialisées dans les exercices physiques entretiennent les sportifs. Certains en font même un business et déploient sonorisation sur le lieu pour rendre moins monotone les exercices. « Depuis que je pratique ce sport tous les dimanches, je me sens en pleine forme » me déclare cet homme, qui a en juger son aspect physique devrait avoir la cinquantaine, et un autre de large corpulence de renchérir « moi je souffre d’asthme mais avec les exercices physiques que je fais, mon état s’améliore ». Certains jeux comme du Beach football/ handball sont faites ici et la. D’autres sportifs partent carrément se baigner dans la mer, profitant de la douceur de l’atmosphère ambiante.

Un phénomène urbain issu des mouvements de contestation au Togo ?

Aujourd’hui différentes versions s’entrechoquent concernant l’origine de ce phénomène. Certaines personnes pensent  que  c’est un une activité qui a été créer  par les jeunes Loméens  pour s’échapper, un temps soit peu du désœuvrement et  de l’oisiveté. Pour d’autres comme Pierre, un des responsables d’ASMAT,lui pour  être plus précis,nous dit:  « ce phénomène tirerait ses origines des mouvements de contestation des années 90 période au cours de laquelle un mouvement de jeunes radicaux , connu sous l’appellation « ékpé mong -  lanceurs de pierres en jargon mina – a commencé par courir de quartier en quartier pour inciter la population à se lever et à s’engager». « tous ceux qui avait vécu pendant cette période dans les quartiers populaires comme Bè, Amoutivé, Kodjoviakopé, peuvent se souvenir de l’une de leurs chansons qui dit ‘ nous sommes conscient de nous exposer, face  aux militaire nous n’avons que les pierres et eux leurs fusils, mais la liberté appartient au peuple » déclare avec nostalgie Gérard , étudiant au département d’Histoire et Archéologie à l’Université de Lomé qui court aussi avec nous. On comprend à travers lui que ce sport à comme un parfum historique qui non seulement consolide mais créer et permet de croire encore à une société plus libre et plus égalitaire.

Après une heure d’exercice physique et de relaxation, la colonne longe la route du corridor côté Est, d’abord en marche, vire à droite vers Privilège discothèque jusqu’au marché noir à côté de la banque Atlantique ; à ce niveau elle se met en course, Parc Fléau Jardin, à côté du CCF de Lomé, Adobou Kome, fontaine lumineuse, Zongo, Doulassamé et finalement Amoutivé (retour à la case départ) où les coureurs mettent l’ambiance à casser les oreilles jusqu’à neuf heure, heure à laquelle tout le monde regagne son domicile, content de se sentir d’attaque pour le lendemain.

4 Commentaires

  1. waoo c une bonne initiative.tous les pays devraient l’adopter

  2. le togo a eu une initiative culturelle tres riche que certains pays tente de mettre en place en vain.
    il appartient donc al etat togolais de rentrer en jeu pour la mise en valeur et le developpement de cette activite culturel pour le bien etre des togolais.’motivations`.

  3. Merci pour vos commentaires à l’article … On reste connecté à l’frique !!!

  4. Excellente initiative – excellents moments de partage (pour y avoir participé avec quelques amis locaux un dimanche d’aôut 2010!) – sans oublier les quelques minutes d’exercices physiques effectués en groupe sur la plage de Lomé – question de se détendre!

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