Entretien avec Keita Sékou Yalani directeur artistique de la compagnie les sardines de Conakry

…Si on ne soutient pas le théâtre, il disparaîtra de la culture guinéenne.

Keita Sékou Yalani directeur artistique de la compagnie les sardines de Conakry

La Guinée malgré sa diversité culturelle semble avoir un petit quelque chose qui l’empêche de décoller pour le survol en compagnie des pays culturellement développés et bien classés sur la scène internationale. Est-ce les artistes qui ne prennent pas leurs arts au sérieux ou est ce les autorités en charge de la culture qui ne permettent pas son évolution ? Peut être bien que nous le saurons en un si peu de temps car sa discrétion dans le grand monde de la culture n’a toujours pas été une réalité quand on constate les exploits de ses acteurs sur le terrain. S’agissant de culture guinéenne, votre site a posé ses valises à Conakry pour rencontrer Keita Sékou Yalani Directeur artistique de la compagnie Les Sardines de Conakry pour essentiellement parler de théâtre.


- Comment allez-vous et comment se porte le théâtre guinéen ?
Moi je vais bien Dieu merci, j’ai la santé mais le théâtre guinéen lui est un peu souffrant. Donc cela veut dire que je souffre d’une partie de mon coté professionnel parce que je ne fais que ça et donc si cela ne va pas sa veut dire que j’ai la santé, mais professionnellement ça ne va pas très fort.

- Pratiquement le théâtre guinéen a disparu et se fait plutôt discret dans la scène. Qu’est ce qui explique cet état de fait ?
Le théâtre guinéen disparaît ou se fait discrètement, c’est tout à fait vrai et normal parce qu’il n’y a aucun soutien de la part de l’état par rapport à cet art. On est d’accord que les nombreuses compagnies qui existent ne travaillent pas souvent, car on travaille que si on a un peu de moyens pour une création. Mais si on n’a pas de moyens pour une création cela veut dire qu’on ne travaillera pas chaque fois. Contrairement à ma compagnie qui a apprit très tôt avec des professionnels des compagnies étrangères qui se gèrent depuis des vingtaines d’années. Donc très tôt on a eu un contact avec ceux là, ils nous ont appris un peu comment gérer une compagnie de théâtre et à se débrouiller sans l’aide de l’état, c’est ce qui fait que la compagnie les Sardines de Conakry a beaucoup plus de chance de faire des créations et de les fairent tourner un peu partout en Afrique et en France précisément. Mais sur le plan de l’état quand même c’est parce qu’il y a pas de soutien et de reconnaissance que le théâtre tend à disparaître. Les gens ne crées pas, les comédiens qui sont là ne sont pas très bien payés, cela fait que les gens vont vers d’autres métiers pour se nourire et subvenir quand même aux besoins de leurs familles.

- L’absence du théâtre sur la scène, quelle incidence sur la culture guinéenne et votre carrière en particulier ?
L’incidence pourrait faire disparaître le théâtre et nous qui ne faisons que ça serons au chômage forcement. Dans la culture aussi il y aura un grand trou. Nos dirigeants ne se rendent pas compte que le théâtre est un art qui peut faire vivre tout un peuple. Nous par exemple, les sardines de Conakry, on devait faire une tournée en Loire Atlantique dans une région Française, le fait seulement que la compagnie monte le bourgeois gentil homme de Molière, cela a attiré à 6 mois de la tournée et il y avait plus de places. Il y a même des gens qui ont préférés acheter des billets d’avion pour venir à Conakry voir la compagnie en répétition parce qu’ils n’ont pas eu de place pour voir le spectacle en France. Imaginez, ils ont payés les billets d’avion, les chauffeurs de taxis, les hôtels, les artisans et les restaurateurs ont bénéficiés donc ont tous eu de l’argent à cause d’un spectacle de théâtre. Vous voyez combien de fois la culture apporte à un pays, mais si nous dans notre pays on ne donne aucune importance à ce métier, je crois que c’est très dangereux, si sa disparaît c’est automatiquement faire disparaître l’institut des arts qui produit des fonctionnaires d’art. Donc si l’état ne vient pas en soutien au théâtre c’est très dangereux pour le pays.

- Le mois de décembre dernier a été marqué par la 3ème édition du festival mondial des arts nègres à Dakar au Sénégal, le théâtre guinéen a-t-il été représenté ?
La Guinée a été représentée en danse et en musique mais en théâtre non. Je ne sais pas dans quel plan on met le théâtre, c’est seulement eux qui peuvent donnés une explication à cela. Et pourtant s’il y a un moyen mis vraiment à la disposition des troupes de théâtre, ils font du bon bouleau et la journée du théâtre à Conakry en est une preuve avec les pièces : ‘’Les Châteaux de la Ruelle’’de Bah Mamadou Adama Bilia et ‘’Le Point de Presse par Excellence’’de Alseny Bangoura. Je ne sais pas pourquoi l’état ne considère pas le théâtre, c’est à eux de donner une explication, en tout cas on va pousser jusque obtenir une réponse.

- Qu’est ce qu’il faut pour que le théâtre guinéen retrouve sa place d’entant sur la scène nationale et internationale ?
Ce qu’il faut c’est très simple, il faut que l’état s’implique et subventionne les compagnies de théâtre pour qu’ils travaillent pour qu’un comédien puisse vivre de son art. Si le théâtre disparaît, c’est parce que les comédiens savent qu’ils n’ont rien à en bénéficier ils sont obligés d’aller voir ailleurs pour pouvoir vivre. Si l’état ne peut pas prendre d l’argent dans son budget mais qu’il donne une certaine ouverture afin que d’autres personnes et d’autres instituts viennent subventionner le théâtre guinéen. Le problème politique fait que personne ne vient vers la guinée pour quoi que ce soit, cela fait que le pays s’est complètement fermé et pourtant nous avons des potentialités, quand nous sortons, on part dans des festivals mais les guinéens c’est de véritables stars qui livrent des spectacles extraordinaires appréciés de tous le monde.

- Avez-vous un projet à court ou à long terme sur votre carrière bien sure ?
J’ai un projet de tournée de marionnettes avec le SCAK et le CCFG, et un projet de création avec la compagnie Laborate Art et encore un projet de création avec ma compagnie les sardines de Conakry et un metteur en scène Français du Nom de José Renault, donc l’année 2011 serait une année surchargé pour moi.

- Et si on vous demandait un mot de la fin ?
Je réitère qu’il faut que l’état soutienne le théâtre comme ça, nous aurons beaucoup plus de jeunes au théâtre. Pour les parents qui ne connaissent pas réellement ce que c’est que le théâtre, il faut qu’ils acceptent de venir voir le théâtre que nous faisons pour qu’ils laissent leurs enfants venir le pratiqué. Au théâtre, c’est vraiment une très grande école parce que monter une pièce de théâtre écrite par Molière ou Cheick Spire qui sont des grands hommes sur cette planète terre demande un certain niveau. Donc le théâtre ce n’est pas pour les délinquants ou des gens qui ne foutent rien, le théâtre est un véritable lieu d’enseignement…

Entretien réalisé par Amadou Barry Depuis Conakry
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baryamad@yahoo.fr

2 Commentaires

  1. je suis convaincu qu’en guinée dans les années à venir il y aura de grands progrès. à lire de tel interview je me rend compte d’une forte abnégation de la part des personnes comme Mer le directeur yalany mon directeur bien sur. mais bon on tien et tiendra encore en attendant de jours meilleurs.
    j’apprécie le site il me rapproche de la maison me fait vivre son quotidien bref me replace dans mon sachet. AMADOU c’est bien ce que tu fais courage y faisant bon chemin en toute croyance frère. merci
    KEMO

    • je souhaite que les paroles de mon maitre formateur soit entendus par les autorités compétente car nous les jeunes, avons besoin de faire le théâtre c’est une école pour nous je témoigne sur tout ce que je cherche le théâtre ma appris beaucoup de chose
      quand je pense aux cours de mon maitre formateur au centre culturel franco-guinéen se sont des moments inoubliable dans ma vie et je pris le gouvernement de faire face a ce domaine qui est tant riche et éducatif

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